Rejets de CO2 : le volcan islandais a-t-il fait du bien à la planète ?

29 avril 2010
par Fabian

Connaître précisément le volume de CO2 rejeté par le volcan islandais Eyjafjallajoekull n’est pas une mince affaire. C’est ce qu’a constaté le site “Information Is Beautiful” lors de l’écriture d’un de ses articles le 17 avril dernier.

La première version de l’article présentait des chiffres très favorables au volcan : “seulement” 7 412 tonnes de CO2 auraient été émises par jour par le volcan, soit un volume très inférieur à celui de l’aviation civile européenne partiellement clouée au sol pendant l’éruption (estimation de 344 000 tonnes si les avions avaient volé). Grâce à son éruption, le volcan Eyjafjallajoekull faisait donc gagner à la planète de très gros volumes de CO2.

Les rejets de CO2 du volcan islandais comparés aux rejets de l'aviation civile

Mais selon les estimations transmises le 18 avril au site par le Nordic Volcanological Institute de l’Université d’Islande, les rejets de CO2 seraient doubles. L’article est donc passé, dès le lendemain de sa parution, à 15 000 tonnes de CO2 rejetées par jour.

C’était sans compter sur les estimations réalisées par d’autres experts. Le 20 avril, une fourchette comprise entre 150 000 et 300 000 tonnes était donnée par deux experts. La fourchette basse provenait d’un Anglais (un chercheur de l’Université de Durham), la fourchette haute d’un Français (un chercheur de l’Institut de Physique du Globe de Paris). L’article du site “Information Is Beautiful” était donc remis à jour avec ces nouvelles données, encore moins favorables au volcan puisque la différence entre les tonnes de CO2 émises par l’éruption et celles économisées par l’absence de trafic aérien s’estompait (lire l’article).

CITES : thon rouge, coraux précieux et requins passent à la casserole

27 mars 2010

La 15e Convention CITES n'a pas épargné le thon rouge.

La 15e Convention CITES n'a pas épargné le thon rouge. Copyright OpenCage

La 15e Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées (CITES), qui avait lieu à Doha (Qatar), a abandonné sur le ponton quelques espèces marines, et non des moindres… Le thon rouge, les coraux précieux et les requins, qui ne demandaient qu’à être mieux protégés, n’ont finalement pas été retenus, faisant les frais du très actif lobby nippon.

Le thon rouge d’Atlantique-Est et de Méditerranée est la première victime des Japonais qui ont notamment réussi à rallier à leur cause la Lybie, important pays de pêche de ce poisson. Le thon rouge postulait au statut d’espèce non-exportable. Mais le Japon, qui consomme 80 % de la pêche de ce poisson, a réussi à mobiliser de nombreux pays en voie de développement.

Quatre espèces de requins (le requin-marteau halicorne, le requin océanique, le requin-taupe et l’aiguillat commun) étaient quant à elles sur la liste des espèces dont le commerce devait être régulé. Elles n’y sont plus et seront donc désormais livrées aux grands groupes industriels qui ont fait de la pêche intensive leur gagne-pain.

Côté coraux précieux, 31 espèces de coraux rouges n’ont pas réussi à être inscrites à l’annexe II de la convention qui permet de réguler leur commerce. Enfin, l’ours polaire n’a pu passer de l’annexe II à l’annexe I (interdiction totale des exportations).

La CITES a heureusement voté la reconduction de l’interdiction du commerce des éléphants en Tanzanie et en Zambie, ainsi qu’un plan de préservation des tigres. Il faudra attendra 2013 pour que la CITES se réunisse à nouveau. Ce sera en Thaïlande.

Rejets de CO2 : Fiat bon élève

2 mars 2010
par Fabian

Rejets de CO2 : Fiat arrive à la première place du classement Jato

Rejets de CO2 : Fiat arrive à la première place du classement Jato (Copyright SXC)

Le cabinet JATO a publié le classement mondial des constructeurs qui rejettent le moins de C02 dans l’atmosphère (pour l’année 2009). Il s’agit de la moyenne des rejets de chaque véhicule de la gamme.

Sans trop de surprise, compte tenu de sa gamme, c’est Fiat qui arrive à la première place de ce classement, avec une moyenne de 127,8 g/km, en baisse de 6 g/km par rapport au classement 2008 (133,7 g/km). C’est la troisième année consécutive que le constructeur italien devance ses concurrents sur ce plan.

Toyota (130,1 g/km) arrive en deuxième position, devant deux constructeurs français : Peugeot (133,6 g/km) et Renault (137,5 g/km). Citroën est en cinquième place (137,9 g/km). Suivent Ford (140 g/km), Opel / Vauxhall (148,9 g/km), Volkswagen (150,4 g/km), Audi (160,9 g/km) et Mercedes (176,4 g/km).

Installation solaire thermique pour immeuble collectif d’habitation

22 novembre 2009
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par Fabian

J’ai eu l’occasion de visiter récemment une installation solaire thermique sur le toit d’un immeuble collectif d’habitation à Paris (20e). Cette visite était organisée dans le cadre des journées portes ouvertes du CLER (Comité de Liaison des Energies Renouvelables). Cette installation solaire thermique sert au préchauffage de l’eau chaude sanitaire pour cet immeuble de 68 logements chauffé au gaz. L’immeuble date de 1975 et appartient à Paris Habitat Oph - Office HLM.

128 m2 de capteurs solaires de marque Clipsol sur le toit

128 m2 de capteurs solaires de marque Clipsol sur le toit

Sur le toit, 128 m2 de capteurs solaires de marque Clipsol ont été installés, en deux pans. Inclinés à 45°, ils sont orientés plein sud. L’eau est préchauffée à 20° avant d’être stockée dans 3 ballons de 1 500 litres. Ces ballons, en raison de leur poids ont été installés dans le sous-sol de l’immeuble, ce qui entraine quelques déperditions énergétiques, la chaufferie, au gaz étant installée, elle, sur le toit.

Annuellement, les besoins d’énergie pour l’eau chaude sanitaire de cet immeuble sont de 252 210 kWh. La production des capteurs solaires est de 46 254 kWh, ce qui correspond à une substitution de gaz de 67 181 kWh. Le taux de couverture solaire qui en résulte est de 27%. Cela correspond à une réduction de CO2 de 13,8 tonnes (gaz naturel = 0,206 kg/kWh). Pendant les deux mois et demi de l’année les plus chauds, le solaire thermique assure 100% des besoins en chauffage de l’eau chaude sanitaire de l’immeuble.

Un des ballons de stockage de l'eau chaude sanitaire préchauffée

Un des ballons de stockage de l'eau chaude sanitaire préchauffée

Le coût total de l’opération a été de 110 000 euros, pour un montant total des aides de 66 000 euros. Le taux de retour brut annoncé est d’environ 25 ans, aides comprises, mais sans tenir compte de l’inflation, de l’augmentation des prix de l’énergie et du faible coût actuel de l’énergie (0,04 euro / kWh).

Le frelon asiatique arrive en Ile-de-France

29 septembre 2009
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par Fabian

C’est au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) que l’Union nationale de l’apiculture (UNAF) a signalé le premier nid de frelons asiatiques, dans le jardin d’un particulier. Appelés également “Vespa velutina”, ces insectes importés du sud-est asiatique s’attaquent aux essaims d’abeilles en se positionnant à l’entrée des ruches pour mieux capter les abeilles qui sont de retour (voir la vidéo ci-dessous).

Le frelon asiatique peut également s’attaquer à l’homme, provoquant de graves piqûres. Il a déjà sévi à de nombreuses reprises dans le sud-ouest de la France, région où il est le plus répandu actuellement.

La pollution au mercure empoisonne les rivières

22 septembre 2009
par Fabian

La pollution au mercure touche de plus en plus de rivières

La pollution au mercure touche de plus en plus de rivières dans le monde (Copyright SXC)

Le mercure est partout. Particulièrement dans les poissons que l’homme mange. C’est ce que révèle l’étude intitulée “U.S. Geological Survey” qui a étudié les taux de mercure dans 291 rivières des Etats-Unis. Selon elle, 25% des poissons de l’échantillon contenaient des taux dépassant les seuils fixés par l’EPA (Environmental Protection Agency). Un résultat dangereux pour les mangeurs fréquents de poisson. En ce qui concerne les animaux (mammifères) consommant du poisson, les plafonds sont dépassés dans deux tiers des cas.

De son côté, Associated Press a révélé il y a quelques jours que les mines de mercure désaffectées situées au centre de la Californie polluent encore aujourd’hui les rivières et leurs poissons, malgré leur fermeture il y a plusieurs décennies. Toujours selon Associated Press, le gouvernement fédéral aurait essayé de nettoyer moins d’une douzaine de ces sites sur les centaines qui existent. La plupart de ces nettoyages ne seraient par parvenus à enrayer la contamination.

Le problème des mines de mercure désaffectées est aussi une calamité en Chine. Selon un article de Courrier International intitulé “Les 60 000 habitants de Wanshan empoisonnés au mercure“, le site de production de mercure le plus ancien et autrefois le plus grand de Chine, la zone économique spéciale (ZES) de Wanshan, plus de 200 personnes des 60 000 qui la peuplent présenteraient les symptômes d’une intoxication au mercure plus ou moins sévère. L’exploitation minière a en outre eu des répercussions sur la forêt, les nappes phréatiques et la géographie du site dans son ensemble. La quantité de mercure présente dans l’eau de consommation y est ainsi 36 fois supérieure à la norme.

Le Grenelle Environnement Loi 1 en huit points

25 juillet 2009
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par Fabian

Le Grenelle de lenvironnement Loi 1 définit la politique environnementale de la France

Le Grenelle de l'environnement Loi 1

Adopté définitivement par le parlement le 23 juillet dernier, le projet de loi Grenelle 1 fixe les grandes orientations de la politique énergétique et environnementale de la France sur les 10 prochaines années. Pour l’application concrète des mesures, il faudra attendre le “Grenelle 2″. Voici en huit points les principales mesures comprises dans le Grenelle de l’environnement - Loi 1.

1 - Des déplacements de plus en plus verts
Transports collectifs, covoiturage, vélos citadins… L’Etat va s’employer à développer activement les alternatives au tout-voiture. L’objectif global est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici à 2020. Côté voies ferrées, ce sont pas moins de 2 000 km supplémentaires qui seront construits d’ici 2020 et 2 500 km de lignes à grande vitesse supplémentaires seront étudiés. Pour les poids lourds, une éco-redevance kilométrique est prévue dès 2011.

2 - Place aux lampes basse consommation
Rappelant que l’éclairage dans le secteur résidentiel représente 9 % de la facture d’électricité des ménages, le Grenelle 1 prévoit d’interdire les lampes à incandescence (ampoules à filament) au profit des lampes basse consommation (lampes fluo-compactes ou LED). L’interdiction touchera les ampoules à filament de plus de 75 watts dans un premier temps. Ainsi, à partir du 1er septembre 2009, les lampes à incandescence de plus de 100 watts seront interdites puis celles de plus de 75 watts à partir du 1er décembre de la même année. Cette mesure devrait permettre d’économiser plus de 8 Térawatt-heure (TW-h), ce qui équivaut à la consommation électrique annuelle de Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice et Nantes.

3 - Vive le bio
Le Grenelle 1 prévoit que l’agriculture biologique occupe 6% de la surface agricole utile (SAU) en 2012, et 20% en 2020 (2% actuellement). Le doublement du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique accompagnera les agriculteurs volontaires. Le Grenelle 1 prévoit aussi le retrait d’ici fin 2010 des 40 substances les plus préoccupantes présentes dans les produits phytopharmaceutiques et la diminution de 50% d’ici à 2012 des substances préoccupantes pour lesquelles il n’existe pas de substitution techniquement et économiquement viables.

4 - Davantage d’énergies renouvelables
23% d’énergies renouvelables d’ici à 2020 : c’est l’objectif que la loi Grenelle 1 se fixe. Le nucléaire n’est cependant pas remis en question.

5 - Des bâtiments qui consomment peu
50 kWh par mètre carré et par an. Tel sera le plafond à ne pas dépasser à partir de 2012 par tout bâtiment neuf. Par anticipation, la date a été fixée à la fin 2010 pour les bâtiments publics et le tertiaire. Pour l’ancien, l’objectif de réduction de la consommation d’énergie est de 38% d’ici 2020. L’Etat consacrera un plan particulier pour les 800 000 logements sociaux dont la consommation annuelle d’énergie est supérieure à 230kwh d’énergie primaire par mètre carré. La dépense moyenne énergétique en France avoisine les 200 kWh par m2 par an, on comprend qu’il reste du chemin à faire.

6 - Moitié moins de pesticides
Le Grenelle 1 a pour objectif de “réduire de moitié les usages des produits phytopharmaceutiques en 10 ans en accélérant la diffusion de méthodes alternatives et sous réserve de leur mise au point.” Un objectif qui demande à être davantage explicité car privé de tout indicateur de mesure, comme le rappelle le MDRGF (Mouvement pour le droit et le respect des générations futures) dans un article intitulé “Pesticides et Grenelle: la bataille continue“).

7 - Réduire les risques liés à l’environnement
Avec le Grenelle 1, la politique environnementale est désormais vue comme une composante à part entière de la politique de santé dont le lien étroit avec l’environnement et la santé des écosystèmes est reconnu. Le projet de loi a notamment comme objectif de mieux connaître, encadrer et réduire l’usage des substances à effets nocifs. Pour cela, l’élaboration au plus tard en 2009 d’un second plan national santé environnement est prévue (PNSE), le premier datant de 2004.

8 - Des déchets réduits
Le principe “pollueur-payeur” sera appliqué aux poubelles ménagères. L’objectif est de diminuer en cinq ans de cinq kg par an le poids des ordures générées par chaque Français. Côté recyclage, le but est par ailleurs d’envoyer vers les filières matière et organique 35 % (en 2012) et 45 % (en 2015) des déchets ménagers et assimilés contre 24 % en 2004, ce taux étant porté à 75 % dès 2012 pour les déchets d’emballages ménagers et les déchets des entreprises.

Une Française à la tête de l’Institut international pour les énergies renouvelables

1 juillet 2009
par Fabian

Le siège de l'Institut sera basé à Abou Dhabi (Copyright Irena)

Hélène Pelosse va prendre les rênes de l’IRENA

Hélène Pelosse va prendre les rênes de l’IRENA dont le siège sera basé à Abou Dhabi. L’institut aura pour mission de coordonner et de favoriser les actions internationales destinées à assurer une transition – aussi rapide que possible - vers les énergies renouvelables.

L’Allemagne, qui est à l’origine du projet depuis deux ans, accueillera à Bonn le centre de technologie et d’innovation et l’Autriche le bureau de liaison. Ce dernier gérera, à Vienne, la coopération avec d’autres structures impliquées dans le secteur des énergies renouvelables.

Agée de 39 ans, Hélène Pelosse était depuis 2007 directrice adjointe du cabinet de Jean-Louis Borloo. Elle avait activement participé aux négociations sur le climat au niveau européen, notamment en ce qui concerne la directive énergies renouvelables

Casino et Intermarché s’intéressent de près au solaire

29 juin 2009
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par Fabian

Selon le site LSA.fr, les chaînes de distribution Casino et Intermarché seraient sur le point de produire de l’électricité à partir de panneaux solaires déployés sur les toits de certains de leurs magasins et entrepôts. Pour Casino, l’objectif sera de produire 70 Megawatts d’ici 2012. Les sites choisis seront situés dans le sud de la France et à la Réunion. EDF garantira un prix de rachat de l’électricité produite pendant 20 ans. Intermarché, de son côté, réfléchit à la création d’une structure dédiée aux énergies renouvelables.

Eolien : 4 000 MW produits en France, et après ?

25 juin 2009
par Fabian

Le parc éolien français a dépassé la barre des 4 000 Megawatt en France

Le Grenelle de l’environnement a pour objectif les 25 000 MW d'origine éolienne en 2020 (Copyright Arnaudus)

Le parc éolien français a dépassé la barre des 4 000 Megawatt, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Cela représente 1% de la production totale d’électricité en France. Le France est la 4e puissance installée en Europe, derrière l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. 2 500 éoliennes sont actuellement dénombrées dans le pays.

Le Grenelle de l’environnement fixe comme objectif le seuil des 25 000 MW en 2020. Il faudra pour cela que 6 000 nouvelles éoliennes soient installées sur le territoire. Mais pour André Antolini, le président du Syndicat des énergies renouvelables, le “flou juridique” qui caractérise aujourd’hui la filière de l’éolien doit être rapidement dissipé pour que l’objectif soit atteint.

Une position que rejoint Jean-Michel Germa, président de La Compagnie du Vent (filiale de GDF Suez). “L’activité de l’éolien terrestre en France a été complètement décimée par un moratoire de fait sur le terrain, en raison des préfets qui ne délivrent presque plus de permis et des associations qui attaquent les permis de construire”, a déclaré le dirigeant, cité par Reuters. Qui plus est, un projet vise actuellement à soumettre les parcs éoliens à la procédure des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Une mesure qui, si elle était adoptée, donnerait un sérieux coup de frein à la filière.

En Europe, fin 2008, l’éolien comblait un peu plus de 4% des besoins en électricité. D’ici douze ans, l’énergie éolienne devrait couvrir les besoins de 135 millions de ménages en Europe selon l’Agence européenne de l’environnement (EEA). En 2020, toujours selon l’EEA, la capacité énergétique européenne éoliene devrait se situer à 600 TWh par an.